La vulnérabilité, qu'est-ce que c'est ?

Selon moi, il y a dans le parcours d'une personne un événement fragilisant : perte d'un emploi, solitude, un handicap qui survient; ou tout simplement, le sentiment d'être différent.

A tout âge de la vie, une personne peut se sentir démunie. Comme si des failles se creusaient en elle, fissurant les divers masques du paraître. Tel un funambule marchant sur un fil, entouré par le vide. Une mise à nu. Un mal-être s'installe, à moins d'accepter cet état comme une étape dans son parcours ou comme une évidence.

Est-il possible d'écrire la vulnérabilité dans un récit de vie ? Est-il possible d'écrire sa vulnérabilité ?

Personne n'aime se sentir fragile. Alors l'écrire ? Tout d'abord, pour qui écrit-on ? Je pars du postulat que l'on écrit pour soi dans un premier temps. Ecrire sa vulnérabilité, c'est s'exposer à son propre regard. C'est reconnaître que l'on est faillible, que l'on peut faire fausse route. C'est faire face à tout: la honte, la culpabilité, la lâcheté... Et aussi, le pardon à soi-même. Etre capable de se pardonner, c'est ne plus se porter de jugement. C'est prendre la juste distance. C'est par le pardon que l'on peut procéder, dans un second temps, au témoignage. Témoigner pour les autres.

Il est important de savoir définir qui sont les autres : famille ? amis ? cercle plus élargi ? Car écrire suppose de se mettre dans la peau du/des lecteur/s. Visualiser cette ou ces personne/s, imaginer ses/leurs remarque/s. Et se poser des questions : est-ce que la façon dont j'ai écrit facilite la compassion, la bienveillance, ou le contraire c'est-à-dire le rejet, le refus de savoir cette vulnérabilité? Et pour quoi ce témoignage?

Oui, il est possible d'écrire sa vulnérabilité en privilégiant le dialogue. Il est possible d'entendre et d'être entendu, de lire et d'être lu. J'en suis convaincue.

Bonne écriture !

Claire Roig