Pour ceux qui ne sont pas habitués à écrire sur de la longueur, écrire demande effort. Pour y remédier, tenir à jour un carnet avec des mots jetés dessus comme une ancre à la mer. Nouer une alliance entre l'intime et soi. L'intime, c'est écrire. C'est le geste, l'acte d'écrire. Un geste hésitant et fermé. Il est des gestes aussi "parlants" qu'un visage.

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Ensuite, écrire demande patience. Le bruit du monde pour s'énivrer, se réjouir de la vie, s'imprégner des émotions, et le silence, ce murmure subtil, pour déguster. Bruit et silence ne sont pas ennemis mais sont complémentaires comme les deux côtés d'une pièce de monnaie: pile et face. L'un et l'autre constitue le moteur pour écrire.

Puis, écrire demande persévérance. Assiduité, fidélité de l'alliance pour que le geste puisse se déployer, s'ouvrir. Ecrire c'est opérer un basculement vers ce qui est décisif. C'est ne plus avoir peur des traces qu'on laisse. Oser et s'affirmer.

Ecrire est un acte d'amour pour autrui, et, avant tout, pour soi.

Claire Roig