Pour cette dernière interview de l'année, j'ai demandé à Jean-Fabien, auteur, de nous parler de son écriture. Laissons-le se présenter.

Qui es-tu ? Comment te définis-tu ?

Je m'appelle Fabien, parfois Jean-Fabien quand l'anonymat est nécessaire, et je me définis comme un auteur présumé d'objets livresques indéterminés, parfois drôles et souvent décalés.

Pourquoi écris-tu ?

Par envie, par besoin. Certains matins, je me lève et une forme d'énergie en moi a besoin de sortir. Le chemin le plus court étant les mains, elle sort par là.

Comment écris-tu ? Utilises-tu des procédés techniques, des contraintes? T'imposes-tu des limites dans l'écriture d'un texte ?

J'écris un peu partout quand ça me prend. Le seul procédé que je connaisse est d'entasser un maximum puis de reprendre le tout, d'expurger, réécrire dix fois, cent fois, jusqu'à arriver à une asymptote stylistique qui me fait dire "tiens, c'est moi qui ai écrit ça?". Le plus important pour moi est de trouver le bon "ton". Tout le reste n'est que travail.

La seule limite que je m'impose est d'être à peu près satisfait de ce que je produis, si le résultat final ne me plaît pas, je mets de côté et n'y reviens jamais.

Quand et où écris-tu principalement ? Et en dernier recours ?

J'écris principalement chez moi, à mon "bureau" qui est la table à manger du salon, mais il m'arrive d'être pris d'une envie d'écrire dans la rue ou dans le métro et dans ce cas-là, c'est mon BlackBerry qui prend.

Sur quoi se portent tes envies d'écriture ? Quels sont tes genres de prédilection ?

J'aime écrire sur la vie, sur les choses que j'observe en les éclairant d'un angle de vue que j'espère inédit, en tout cas personnel. Je retouche actuellement un polar pour rire dont le titre est "Une histoire de détective racontée par une chaussette". J'aime se faire rencontrer des univers (ici le polar et le rire) qui ne sont pas nécessairement de bons amis en temps normal. Concernant mes genres de prédilection, j'écris depuis peu des nouvelles et j'aime la brièveté, la concision nécessaire à l'exercice. Concernant mes lectures, j'attache beaucoup d'importance à la forme de l'écrit, plus qu'à l'histoire elle-même, j'aime beaucoup des auteurs comme Philippe Jaenada, Antoine Senanque, Martin Page ou encore le David Foenkinos des débuts.

Qui es-tu quand tu écris et comment te sens-tu après ?

Quand j'écris, je suis dans une bulle et il est difficile de m'en sortir. Après, je suis tout d'abord pris d'une certaine fierté - ciel, j'ai créé "quelque chose". Puis après, je me relis et je me sens très mal jusqu'à ce que je reprenne le tout. Le processus recommence alors un certain nombre de fois.

L'inconvenance du désastre

Tes oeuvres ?

Mon dernier roman s'intitule "La perspective du primate" (Paul&Mike) et j'ai un recueil de nouvelles qui vient de sortir "L'inconvenance du désastre" (Langlois Cécile).

http://www.jean-fabien.fr/

Merci Jean-Fabien.

Interview réalisée par Claire Roig