Pour faire suite au précédent billet "Qu'apprend-t-on dans un atelier d'écriture?", voici quelques exemples de ce que l'on n'apprend pas dans un atelier d'écriture ordinaire...

On n'apprend pas à :

- être à l'écoute de ses sens;

- écrire de belles phrases.

Ecrire à l'écoute de ses sens

Ce point-là ne s'apprend pas dans les ateliers d'écriture classiques. Les animateurs n'y pensent pas, ou bien ils l'ignorent par manque de connaissance d'eux-mêmes. Ou encore, partent-ils du postulat que chaque écrivant fonctionne de la même façon. Or il n'en est rien! Connaître le sens qui domine dans l'acte d'écrire peut aider à lever des blocages (bien entendu, ça n'explique pas tous les blocages qu'une personne peut rencontrer face à l'écriture). Toutefois, les autres sens ne sont pas à négliger.

Ecrire de belles phrases

L'un des objectifs des ateliers est de découvrir son écriture à l'état brut; une écriture qui sort du fond de soi; une écriture que l'on fignole ensuite par le travail de réécriture si le dispositif de l'atelier le permet. Ecrire de belles phrases pour faire comme les grands auteurs, ça, ce n'est pas possible. Tout d'abord, parce que l'écriture s'exerce au fil du temps. C'est un travail d'écrire. Ensuite, les grands auteurs, vraiment dignes de ce nom, sont ceux qui ont su trouver leur style. Ce n'est pas en copiant (ou imitant) les belles phrases des auteurs que l'on trouve son style. Le style se découvre avec une écriture qui ose se mettre à nue, une écriture à l'état brut. C'est en exerçant son écriture à l'état brut que l'on arrive, au fur et à mesure, à faire des phrases qui ont du style... 

Claire Roig