Comment écrire sur soi ?

Pour conter l'histoire de sa vie, il y a des conditions à respecter afin de ne pas être interrompu dans son élan.

Créer un espace à soi c'est à dire un lieu où l'on ne sera pas dérangé. Un espace avec du papier et des stylos de couleur, ou l'ordinateur.

Ecrire avec ses propres mots. Pas les mots des autres. Ses propres mots sortis des "entrailles", ces mots qui font notre singularité. La singularité est ce qui nous rend unique. C'est notre force, notre atout.

Ecrire dès qu'un souvenir revient afin de le figer, de l'immortaliser, et de ne pas l'oublier. Figer le souvenir en l'écrivant, pour faire resurgir des détails enfouis.

Ecrire dès que cela devient une nécessité comme la respiration. Et quand cette nécessité se fait moins pressante et moins fructueuse, oser aller au-delà de ce qui résiste en soi.

Ecrire en suivant une trame (voir prochain billet L'écriture de soi 3/3).

Choisir la forme: journal, carnet de bord, correspondance, roman autobiographique, etc.

Choisir un pronom personnel pour se qualifier, ainsi que le(s) temps à utiliser.

Choisir éventuellement plusieurs pronoms personnels, chacun ayant un rôle bien défini. Par exemple, concernant un dialogue entre moi et moi:

- soit le premier moi est celui qui veut écrire et le deuxième moi est celui qui critique ce désir.

- soit le premier moi écrit au présent car c'est celui de maintenant, et le deuxième moi écrit au passé car c'est celui d'avant.

- soit alterner l'utilisation de la première personne du singulier avec la troisième personne du singulier pour permettre une mise à distance des émotions.

Ces techniques d'écriture (parmi d'autres) sont empruntées à la fiction. Elles peuvent être transposables pour écrire son autobiographie.

La suite prochainement.

Claire Roig