Qui es-tu ? Comment tu te définis ?

Je suis Marie Fontaine et le lecteur devra s'en contenter... A lui d'imaginer tout ce qu'il peut y avoir derrière ce prénom et ce nom. Je préfère quant à moi ne pas me définir. Si je me définissais, je m'enfermerais dans des contours précis, à la longue forcément sclérosants. Pas vraiment l'idéal pour la claustrophobe que je suis.

Pourquoi écris-tu ?

J'écris parce que je suis une grande silencieuse. L'écriture est ma parole. Heureusement que j'ai cette capacité de coucher des mots sur le papier, sans cela, j'aurais depuis longtemps implosé.

Comment écris-tu ? Utilises-tu des procédés techniques, des contraintes ? T'imposes-tu des limites dans l'écriture d'un texte ?

Je mûris d'abord longuement l'histoire dans ma tête. J'en fais un film. Quand je l'ai visionné plusieurs fois et qu'il me semble cohérent, je passe à la phase écriture. Là, je n'ai plus qu'à écrire ce que je vois. Il m'arrive également d'écrire en obéissant à certaines contraintes, notamment dans le cadre de concours ou pour coller aux demandes d'un éditeur. J'étais d'abord réticente à m'imposer ces "barrières", mais contre toute attente, elles peuvent déboucher sur un surcroît de créativité. Ces contraintes portent principalement sur le nombre minimal-maximal de caractères ou de mots.

J'adapte toujours le style de mes écrits aux diverses situations que je crée, on peut parler dans ce cas de limites, mais elles ne s'appliquent qu'à la forme. Car en ce qui concerne le fond, là, je n'en ai aucune. J'ai toujours écrit ce que je voulais, sans me censurer, je ne conçois pas l'écriture autrement. Je ne suis pas sûre de comprendre "procédés techniques"... S'ii s'agit des figures de style, du rythme, des sonorités, alors oui, j'utilise ces procédés quand j'écris. Mais comme n'importe quel écrivain, je recherche une écriture évidente, qui va de soi, de laquelle seraient gommées toutes ces ficelles...

La suite de l'interview prochainement.

Claire Roig