J'ai écrit l'année dernière un texte avec pour fil conducteur ce titre : un murmure subtil.

"Je sens le désir d'écrire. Je sens la sécheresse de ne pas trouver les mots. Je sens comme une déchirure, celle d'un drap : deux pans qui pendent de chaque côté, puis sont à jeter. Ou alors, je leur offre une deuxième vie : laveurs de carreaux. Ce n'est pas mieux. Je sens que j'oublie. J'oublie d'aimer. Oublier d'aimer, et pas seulement moi, et pas seulement les autres, mais les deux ensemble. Aimer soi et rien que soi, c'est jouer le narcissisme, la manipulation. Aimer les autres et rien qu'eux, c'est jouer au sauveur. Dans les deux situations, l'amour n'est pas l'amour... seulement mépris, dédain, répugnance des autres et de soi.

J'ai connu ça. Je n'avais pas, alors, la conscience des mots qui traversaient mon corps comme un couteau dans une plaie. Bien que les maux me faisaient, eux, souffrir. J'étais anesthésiée de mes émotions, et aucun mot pour dire l'innommable.

J'ai connu le soutien, celui de la main tendue, alors que la majorité des mains se retiraient. Des mains comme une pierre à la place du coeur. Lapidée, meurtrie, j'étais, comme une femme prise en flagrant délit d'adultère. Alors que je ne faisais que prendre ma liberté et ma vie. Ma vie, autrefois, volée. J'étais un visage sans yeux. Je ne pouvais faire autrement. Pas l'âge de la majorité légale, pas d'argent, pas de toit à moi, rien qu'à moi. Et combien de fois m'a-t-on dit, m'a-t-on fait comprendre que le monde était dangereux, cruel. Et, finalement, que le bonheur n'existe pas ?!

C'est quoi la vie? Le bien, frappe-t-il à la porte de ton coeur, toi qui me détestes tant? Entre le bien et le mal, entre la lumière et la nuit, il y a des nuances pour éclairer l'aube ou le crépuscule... des nuances pour marcher sur le chemin choisi, même si tout ne dépend pas de moi. Je te plains, toi, qui ne vois que haine. Je te plains, toi, qui cries vengeance en te trompant de personne. Il t'a toujours fallu un bouc émissaire à n'importe quel prix. Tu entends le diable dans l'orage, dans la tempête, dans les séismes, et tu crois que c'est un dieu qui parle. Dieu est un murmure subtil que seul un coeur ouvert peut entendre.

Je sens la rupture entre ton monde et le mien. Je sens le vent léger rafraîchir mes matins. Je sens le soleil guider mes pas en hiver comme en été. Je sens la nuit me bercer au crépuscule de cet instant qui meurt. Je sens le bonheur. Je sens la vie qui reprend son souffle."

Texte publié le 19 janvier 2013 sur le blog Et si je disais (plateforme : haut et fort) et modifié le 05 février 2014.

Je vous propose d'écrire un texte avec ce titre : un murmure subtil, et de le recopier en commentaire. A vos plumes et claviers !

Message important (rajouté le 07/02/2014)

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